Le sommeil m'a congédié à 0h10. Un peu têtu, j'ai insisté pour dormir mais à 1h30, rebelote et mon expulsion définitive m'a été notifiée à 3h20.
Aucun mouton à compter, à croire qu'eux aussi ne veulent pas de moi.
Finalement à 6h10, le maire m'a envoyé un message de condoléances, voila, j'avais mon prétexte pour me lever.
Rallumer le feu du poêle.
Prendre mon médicament de vieux.
Un autre pour le mal de tête.
Ouvrir les volets du séjour.
Prendre un petit déjeuner.
Attendre que le monde s'éveille.
Et puis être saisi par la beauté de la brume argentée dans les premières lueurs de l'aube.

Je venais de terminer le ponçage d'un bout des poutres du séjour, quand mon téléphone s'est animé.
C'est mon grand frère, l'heure de l'appel est inabituelle, je n'en mène pas large, je n'aime pas ça, un frisson me saisi et je décroche, à sa voix... je sais... ses mots le confirment.
Et puis c'est le chaos.
Dans ma tête, dans mon corps, dans mes cris, mes jambes qui ne veulent plus me porter, mes mains qui lâchent le téléphone, ma voix qui devient un rugissement, ma colère et ma violence longtemps contenues trouvent une alliée dans ma détresse et j'explose (enfin).
Je reprends pied le visage inondé, le corps tremblant, la voix assurant le minimum.
Je suis au fond d'un cratère, vide, broyé par la déflagration.
Il faut préparer la suite, prévenir les connaissances, les potes, les ami(e)s, la famille et l'amant lointain.
Je ne veux qu'une chose, que mon amour arrive ce soir et que sa présence me protège.
C'était vendredi.
1 De Franck -
Des bises et big hug, copain !
2 De JM -
Courage mon grand et toutes mes pensées les plus affectueuses dans ce triste moment... <3
3 De Kozlika -
Je n'ai rien d'intelligent à dire mais je pense à toi, fort.
4 De Sacrip'Anne -
Je t'embrasse fort.