Le Berry 2ème épisode.
C'est ici qu'officiellement papa a déclaré sa maladie :

C'est là qu'il a succombé à sa maladie :


Yves et Bernard, les deux potes ensemble, les dernières vacances de mon père.
Tout à commencé en septembre, au retour des vacances que nos parents avaient passées chez Mireille et Yves en Bordelais. Papa n'étant pas très bien, le docteur avait diagnostiqué une crise de goutte.
Soit.
En décembre, papa nous convoquait car il avait une chose importante à nous dire.
Dois-je préciser que ça ne lui ressemblait pas dutou dutou ?
Et là, on apprend qu'il démissionne, qu'ils partent en Sologne le 15 janvier.
Nous n'avons rien su des recherches d'emplois entre septembre et décembre.
Et puis un mois après leur arrivée en Sologne, maman m'annonce que papa doit faire une dépression.
Papa ≠ dépression, c'est mathématiquement non envisageable.
Voyant son état de santé se détériorer, je lance une bombe : "Sa crise de goutte et sa dépression ça ressemble beaucoup trop à un cancer bien installé."
Les analyses, clichés et autres biopsies sont pratiqués et le 3 mars, roulements de tambour : cancer du pancréas métastasé (foie, poumons, péritoine, yoh c'est la fête... non).
En juin, très affaibli, il sera au mariage de Sœurette, l'ultime combat pour sa filleule adorée.
Fin septembre il n'est plus là.
Six mois d'horreur.
Pendant cette période, j'ai rassemblé mon courage pour lui faire comprendre qu'il était condamné[1], pour faire mon coming-out, voir défiler les amis et la famille qui venaient lui dire adieux, au final j'étais rincé mais bouillonnant de rage et de colère.
L'impuissance, la détresse, la tristesse et bientôt le deuil.
Un soir, il s'est assis entre mon frère et moi, nous a pris les mains et nous a dit qu'il était très fier de ses garçons, c'était la dernière fois qu'on se parlait.
Trois jours après il est mort.
C'en était fini des projets dans le jardin, des travaux dans la maison... ne restaient que les souvenir et sa chienne Bébé... une famille abimée, des vies à continuer et l'absence.
Note
[1] maman nous avait interdit d'évoquer la maladie ainsi que de pleurer devant lui