Lucien, l'autre musicien.

Tonton Lucien était plus âgé que papa, il était musicien, jouait du piano.
Pendant la seconde guerre mondiale, il faisait dérailler les trains sur la liogne de chemin de fer qui passait dans le village voisin avec son groupe de Résistants.
Avec tata Irène, ils n'eurent pas d'enfants mais assez de nièces et neveux pour distribuer de l'affection.
On les voyait souvent chez Pépère, et pour moi c'était un jeu des 7 différences avec mon père tant ils se ressemblaient. Je n'ai par contre jamais pu faire un grand chelem avec tonton André avec eux. Presque des triplés, souvent ils étaient confondus avec l'un des deux autres.
Cadre chez Citroën, il était aussi musicien et poussait la chansonnette en s'accompagnant au piano dans les maisons de retraites avec un répertoire spécial seniors, jusqu'à enregistrer des CD pour les vendre ou les offrir.
Mais alors qui est l'autre musicien ?
Un jour de repas de famille chez tonton Jean, le benjamin de la fratrie, mon cousin Laurent avait trouvé un vieux clairon cabossé dans un débarras, que mon oncle s'empressa de saisir pour le tendre à papa en lui disant :
"Ça c'est pour toi, tu vas nous en jouer un air !"
Saisissant l'instrument, il s'exécuta, j'en restais coi, sidéré.
Un peu d'histoire.
Quand à la fin du collège, pour choisir mon orientation on me demanda ce que je voulais faire, ma réponse, préparée depuis des mois :
"De la musique, je veux être musicien et faire du piano."
La douche froide ne tarda pas :
"Hors de question, choisis un vrai métier !"
Je n’eus pas gain de cause et avec mon caractère à la con, un jour de balade dans Beauvais avec maman dont le sujet de conversation était : "Il faut que tu te décides à choisir un métier", le hasard voulu que l'on soit devant la boutique d'un tapissier décorateur.
Moi : "Tiens je vais faire ça comme métier."
A la satisfaction générale, sauf la mienne, je serai tapissier décorateur.
J'imagine si nous avions été devant un centre de formation de curés ou de tueurs à gage, c'était pareil.
Alors forcément des années plus tard quand je vis et entendis mon père jouer du clairon, je demandais des explications sur cette découverte.
Enfant, papa jouait du clairon, comme son père Auguste, dans la fanfare du village voisin du sien, plutôt bien car il faisait les concours de musique locaux.
Jusqu'au concours départemental pour lequel il finit deuxième alors que la prestation du 1er avait été catastrophique.
Ouais mais le premier il était fils de l'aristocrate local, alors le jury en avait fait le gagnant au détriment de l'autre : Bernard.
C'est à cause de son immense déception qu'il avait fait barrage à mon désir de devenir musicien pour éviter que je ne vive sa déception à mon tour.
Je compris mieux à partir de là son intérêt pour la musique classique, la danse, les artistes à voix, il était musicien.
Alors soit, j'ai fait des études de décoration, j'ai travaillé un peu dans le milieu avant de changer de métier pour être bibliothécaire, mais c'était sans tenir compte de ma têtitude comme héritage familial, je n'ai pas fait de la musique un métier mais une passion. J'ai appris la guitare et le piano seul, puis en suivant des cours dès que j'eus un salaire me le permettant.
Papa a entendu un de mes premiers morceaux au piano avant de tomber malade et sa réflexion fut pour moi la plus belle des récompenses :
"C'est beau comme musique."
Je ne lui en ai pas voulu longtemps, l'expérience des années de vie m'a apporté la compréhension et son refus m'a encouragé à faire de la musique malgré tout.
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