Domahom's papers N° 09

Je suis grand.


Certes, et pourtant je me suis toujours senti petit et insignifiant à côté de cette femme.

Tata Jeannette.

L'épouse de l'oncle Albert, un des frères de Suzanne, ma grand-mère.
Lui : résistant arrêté sur dénonciation et fusillé à Dijon par les allemands.
Elle : résistante arrêtée sur dénonciation (aussi) et déportée à Auschwitz, une des survivantes des marches de la mort vers Loslau.

Lui : le héros de la famille.
Elle : revenue de l'enfer et rejetée par sa belle famille parce qu'elle avait survécu à son mari et aux camps, puis se retrouvant seule, elle avait trouvé aide et réconfort auprès de celui connu sous le nom de l'oncle Louis qui l'épousa, lui aussi revenu du même enfer par le même train.

Lorsque j'ai appris cette histoire, autant j'éprouvais une admiration sans limite pour elle, autant ceux de ma famille que j'ai connus qui l'avait rejetée et qui avaient eu la malchance de me croiser ensuite (mes grands-parent y compris) ont su ce que je pensais d'eux... je n'ai pas le souvenir d'avoir eu des regards ou des mots gentils, ils ont dû se croire balayés par une coulée pyroclastique. Je n'ai pas encore éprouvé le moindre regret pour ça... plus tard peut-être.

Quand j'ai rencontré tata Jeannette la première fois, je venais d'arriver chez mes grands-parents pour les vacances sans prévenir (sinon ils s'épuisaient à préparer les chambres et des festins pour nourrir le quartier (des fois qu'on dise qu'on ne mangeait pas assez chez eux), je sonnais à la porte et ma grand mère en ouvrant :
" Oh c'est pas vrai ! Entre mon grand, tu ne devineras jamais qui est chez nous !!!"
Je suis entré et j'ai vu ce petit bout de femme, assise dans la salle à manger, qu'on m'a présentée comme la femme de l'oncle Albert.
Ainsi j'apprenais qu'il avait été marié et que sa veuve était vivante, là, juste devant moi.
Non, je ne risquais pas de deviner.
Tata me raconta toute son histoire (enfin ce qu'elle disait être racontable le reste pour elle étant indicible) et je dus me décomposer à mesure du récit car elle se tut pour me prendre la main et me dit :
Ne sois pas triste, j'ai devant moi de beaux et gentils enfants et c'est tout ce qui compte maintenant, les fantômes sont tous morts, la vie a gagné.
Égoïstement, j'ai été fier de croiser cette grande dame, heureux aussi qu'elle connaisse celui qui allait devenir mon mari et pour rien au monde je n'aurais manqué de l'accompagner le jour de ses funérailles.

Domahom's papers N° 08

Les camarades du boulot de Maxime. Ils ont été de toutes les luttes et de tous les combats. Des mouvements sociaux de 1936 aux combats dans la Résistance, de mai 68 aux maladies qui décimèrent leurs rangs. Ces hommes ont toujours garder le contact entre eux jusqu'à ce que mon grand-père s'éteigne,  […]

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Domahom's papers N° 07

L'Aronde. Ce n'était pas que le modèle de notre voiture (je n'ai pas quatre ans sur la photo) que l'on nous a volée pendant les évènements de 1968. Papa avait réussi à trouver de l'essence et on partait (je ne saurai jamais où) avec les valises vers l'endroit où il l'avait garée. En arrivant sur  […]

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Domahom's papers N° 06

La famille du cœur côté Berry. de gauche à droite : Albert (tonton), Madeleine (maman), Mireille et Roger (parrain), en 1946. Maman et son frère ont été élevés avec mon parrain et sa sœur. Ils ont littéralement grandi les uns chez les autres et inversement Deux familles berrichonnes qui autrefois  […]

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Domahom's papers N° 05

Je m'estime heureux que le bébé n'est pas été jeté avec l'eau du bain : Dans cette image, il y a un peu de ce qui forgera mon identité. Depuis tout bébé j'avais une passion pour les petites voitures[1], pour que je sois sage dans le bain ou ailleurs et pour n'importe quoi, allez hop, une petite  […]

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