Suzanne et Maxime.
La 2cv.
La première voiture de mes grands-parents berrichons, en tout cas la plus ancienne dont je me souvienne, achetée avant ma naissance, sans doute quand ils sont partis travailler en Picardie.
Maxime n'ayant jamais pu passer son permis de conduire, à cause d'un accident de travail qui le rendit infirme de la jambe droite, c'est Suzanne qui prit le guidon de l'auto pour trimballer leur couple.
C'est avec la Deuche qu'ils prenaient la route pour retrouver les camarades de Maxime éparpillés dans des régions différentes et garder vivantes ces amitiés précieuses.
J'avais été du voyage une année pour aller chez Maurice à Biars-sur-Cère et une autre chez Lucien à Auxerre.
Je n'oublie pas non plus la tournée des grandes tantes et grands oncles, cousines et cousins dans le Berry.
Voir aussi les maisons des arrières grands-parents, tous les lieux de vie de la famille et des amis, sans oublier la tournée des cimetières à la Toussaint et pas que...
Quand il n'était pas question de longs voyages, les occasions ne leur manquaient pas pour prendre la route et nous faire découvrir ce qui à leurs yeux méritait d'être vu, visité ou expliqué, comme les châteaux, les sites gallo-romains, ou simplement de charger tout le matériel de pèche et de pique-nique pour s'échouer au bord d'un étang et profiter du moment présent.


Ici,[1] à l'approche de la cinquantaine, ils posent fièrement l'un après l'autre devant leur cheval de course, une escapade au soleil au bord de la mer.
Ensuite viendra la deuxième voiture, la Peugeot 204 break avec ses sièges en similicuir noir, que l'on redoutait l'été quand la voiture était garée au soleil et que nous étions en short, rien de mieux pour snacker nos cuisses de gamins !
Leur dernière voiture, une Citroën Visa, sera le marqueur du déclin des capacités de Suzanne quand on remarquera les chocs sur les par-chocs et les ailes qu'elle provoquait, en touchant les autres voitures sur les parking et les murs, qu'elle frôlait avec insistance. Sa mauvaise vue, sa surdité et son déclin physique seront les causes de l'arrêt de la conduite.
Les seniors au volant...
Mes grands-parents berrichons, ce sont des rapports complètement différents de mon autre branche familiale. Avec eux c'est un cocon, les liens familiaux puissants, la bouffe, le réconfort, une solidarité sans faille[2], le jardin, les vacances, de magnifiques souvenirs (tristes et joyeux), des blessures supposées, des vies blessées, des engagements forts et revendiqués.
Ils auraient adoré les tirades de #MonPèreCeGaucho dont on se délecte.
C'est aussi et surtout la grande maison et son très grand jardin.
Le point de ralliement des vacances.
Des heures à jouer dans le tas de sable.
Des journées entières à jouer avec sœurette[3], des heures et des heures à la piscine découverte où [4] j'ai appris à nager et plonger.
Les cours de tennis en plein soleil avec mon oncle, oui j'ai été sportif.
La famille, les amis, les voisins... ça résume assez bien mes grands-parents berrichons.
Domahom's papers N° 09
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Domahom's papers N° 08
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Domahom's papers N° 07
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Domahom's papers N° 06
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