Domahom's papers N° 15

Âmes sensibles, passez votre chemin, dans ce billet on commence à aborder mon côté sombre.

Des hommes et des chiens.


De droite à gauche :
Bernard (mon père), sa chienne Bébé, Alain (mon grand frère), ma chienne Boudin (Lhassa de son vrai nom, précieux cadeau de papa) et Dominique (moi).
Printemps 1992.
Nous sommes en Sologne, papa est déjà malade et condamné. Cancer du pancréas bien métastasé.
Ça ne se voit pas sur la photo mais là je tente de sourire, il faut faire comme si tout va bien devant papa et je ne suis que colère et violence, j'en veux à la planète entière, je suis mon propre ennemi, je lutte tous les jours contre moi.
Trois mois plus tard, ma colère explosera[1] Suzanne en fera les frais et personne ne mouftera.
Quand la chienne de papa mourrait dans mes bras et qu'à l'évocation de la faire piquer j'avais répliqué à ma grand-mère :
"Il n'en ai pas question, je ne veux plus en entendre ce genre de conneries, jamais !", sur un ton qui l'avait forcée à reculer en m'implorant de ne pas me mettre en colère.
Madeleine avait tenté une médiation car Suzanne avait réellement eu peur, me disant qu'il fallait que je me calme, que je garde le contrôle... j'avais été tranchant : "Alors ne venez plus me faire chier avec vos idées à la con !"


Diane, bergère de Beauce, bas-rouge ou beauceronne.
Une intelligence de dingue, un fidélité absolue, une gardienne efficace et toujours d'une douceur à toute épreuve.
Je vous résume le sketch de son arrivée dans la famille, maman tombée en arrêt devant le carton où elle jouait avec le mâle de la même portée à la foire de Sancoins et papa qui cédait en disant : "Elle dormira dehors et pas question qu'on lui donne à manger à table."
Un demi-heure plus tard c'était déjà fichu.
Cette chienne m'obéissait au doigt et à l’œil, littéralement et me devinait autant que je l'anticipais.
Début de parenthèse.
Septembre 1985, j'ai 21 ans 1/2.
Appelons ça un accident de travail, bref, après ça on me colle mon grand frère comme chaperon pour éviter que je fasse une connerie. Nous faisons le tour des tontons, cousins et des potes, j'ai besoin de voir du monde, de voir la vie.
Sur la route du retour, je compte les poteaux électriques en me disant , non pas celui-là, peut-être l'autre et puis j'peux pas car Alain est avec moi.
De retour chez nos parents, Alain va faire son rapport et je rentre dans la maison, personne dans la cuisine, je vais dans le salon et là, assise sur le tapis et me fixant sans bouger : Diane.
Elle n'était pas venue voir qui entrait dans la maison, ça ne lui ressemblait pas.
Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés à nous regarder l'un l'autre et peu après je me suis littéralement effondré. Elle est venue s'assoir près de moi à me surveiller/protéger et attendre que quelqu'un d'autre arrive. Une chienne exceptionnelle.
Fin de la parenthèse.
Les circonstances de son départ furent une autre douleur. Maman me téléphona pour me dire qu'elle l'avait faite piquer parce que trop vieille, quand j'étais en stage à 400 km de là, alors que je devais rentrer deux jours après et aurais eu le temps de m'en occuper et de l'accompagner, j'étais sans emploi à l'époque. Diane vivait chez moi depuis le décès de Maxime et maman n'avait pour mission que de la nourrir quand mon frère ne le pouvait pas.
Je n'ai pas été poli du tout en explosant, les idées à la con refaisaient surface en mon absence, je me sentais trahi.
A partir de ce jour, je n’eus pour ma mère que le respect dû à l'aînesse mais sans la ménager quand elle allait trop loin.
Elle a commencé à me prendre au sérieux le jour où ma chienne Lhassa (Boudin de son surnom, tu sais le précieux cadeau de papa), mourrait elle aussi dans mes bras et qu'elle évoqua le vétérinaire "pour en finir avec ta bête".
Avec toute la froideur dont j'étais capable, j'avais répliqué : "Si c'est un bon vétérinaire il aura certainement une dose pour toi."
Oui, c'est violent, mais je n'avais que cette arme pour contrer sa froideur et sa soif de tout maîtriser et/ou contrôler, j'étais aussi le seul à me dresser sur son chemin quand il le fallait.
C'est sans doute une des raisons qui la firent écrire avoir eu l'inconvenance de m'avoir mis au monde.
Je ne sais pas si elle est partie en paix, mais je lui ai pardonné sur son cercueil.

Note

[1] tout comme la porcelaine de la famille que je portais dans une caisse et que j'ai envoyée contre un mur plutôt que vers la tête de ma grand-mère contre qui je hurlais de rage

Domahom's papers N° 14

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Domahom's papers N° 13

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Domahom's papers N° 12

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Domahom's papers N° 11

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