Des kilomètres à pattes.

Ce matin, vu l'état d'excitation de Ben, je l'ai emmenée faire une balade.
D'abord prendre la longe qui provoque chez elle une augmentation de sa fébrilité, essayer de l'attacher à la boucle de son collier sans y laisser deux phalanges et ensuite sortir dans la rue en la contraignant à marcher sur le côté au moins pendant les 88 premiers mètres à cause des voitures qui n'ont pas remarqué qu'elles traversaient un village.
Ensuite c'est moins dangereux lorsqu'on arrive vers le calvaire, encore que ce matin c'était assez passager avec les tracteurs.
Tracteurs qui l'intriguent avec le panache de poussière qu'ils provoquent dans les champs et le bruit de leurs moteurs.
Après 480 mètres, on quitte le goudron pour les chemins de terre avec terriers de rongeurs, ornières, mauvaises herbes et crottes de toute la faune locale qui affolent le flair de Ben. On en est bien à 46 démêlages de la longe et une bonne douzaine d'enroulages autours d'une patte. C'est que ça bouge beaucoup une beauceronne de 16 semaines et trois jours !
On a escaladé la colline par la face Nord-Est pour la redescendre par le côté Sud-Est où l'on a retrouvé le macadam et une folle qui sortait du village en trombe avec sa voiture.

Note to self : prendre des noix fraichement tombées en guise de projectiles à lancer sur les véhicules qui ne respectent pas la limitation de vitesse.

C'est aussi en passant le panneau d'entrée dans l'agglomération qu'on a fait un coucou au benjamin du maire (celui avec poutre apparente) qui passait la charrue dans le champ tout proche, faut dire aussi qu'il ne fait pas des saluts très virils, la question est en suspend...
Et nous voici de retour à la maison avec l'épreuve de détachage de la longe pour tenter de conserver deux autres phalanges, car une main si on ne peut pas jouer avec c'est que ça se mange !
Qui croirait en la voyant que c'est un redoutable prédateur pour les chevilles, les doigts, les poignets, les chaussettes et les tee-shirts ? Hein ?


Elle n'a que trois mois et demi cette petite chienne d'amour et pourtant.
J'ai fini par l'enfermer dans la maison, le temps que je ressorte dans la rue arracher les ronces qui poussent le long de nos murs, vu qu'elle n'est pas capable de me perdre de vue plus de 15 secondes sans me considérer comme perdu corps et âme, alors tu penses bien que si elle soupçonne un abandon probable de ma part pour mener une tâche autant mystérieuse qu'incompréhensible, pas moyen de ruser pour l'éloigner du portail assez longtemps pour que je sorte sans elle, même si elle continue de me voir à travers les lames de bois du portail, nan, nan, nan, le risque est trop grand car sa vie et la mienne semblent en dépendre.
Au final nous avons parcouru 2 km (sans compter les zigzags et marches arrière) dans cette aventure, mais ça valait le coup car maintenant elle pionce !


Domahom's papers (post-scriptum)

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