Domahom's papers N° 11

Tata Germaine et tonton Jean.


Photo prise à Dordives lorsque nous avons fêter leurs 90 ans ainsi que ceux de Suzanne.
Jean est le frère cadet de mon grand-père berrichon Maxime.
Germaine, son épouse, est la maman de ma marraine et de celle de mon grand frère.
Ils ont toujours été dans mon paysage affectif. Gamin, de part leur statut de parents de ma marraine, ils étaient des dieux vivants. Tata m'a toujours appelé mon petit angelot et témoigné une profonde affection.
Doyenne à notre mariage, juste avant qu'elle ne rentre en région parisienne, nous avions eu notre conversation, un moment rien qu'à nous pendant lequel nous pouvions tout nous dire.
Elle trouvait mon mari très bien, très gentil, merveilleux cuisinier et était très contente d'avoir pu vivre cet événement. Nous étions dans les confidences presque intimes quand je la pris dans mes bras pour un câlin et lorsque je lui rendis sa liberté, les yeux embués de larmes elle me dit : "J'ai eu une longue vie, mais j'ai terriblement manqué de tendresse comme celle que tu me donnes."
Ce fut mon tour de lui dire : "Je ne devrais pas te dire cela mais quand tu nous auras quittés, tu me manqueras énormément."
Nous avons partagé nos larmes... de bonheur bien entendu.
Quand elle perdit la vue suite à un AVC, j'étais allé la voir avec ma marraine je jour de l'arrivée de l’auxiliaire de vie.
Tata un peu fébrile attendait que ses filles et la dame aillent discuter de son cas ailleurs pour que nous puissions avoir notre conversation.
Tata tout bas : Elles sont parties ?
Moi : Oui.
Tata : On est que nous deux ?
Moi : Oui tata, elles sont dans ta chambre, on peut faire des bêtises maintenant.
Après un sourire elle poursuivit : Tu sais, je cause bien du tracas à mes filles maintenant, je suis vieille, j'ai eu une très longue vie, des enfants, des petits-enfants, des arrières petits-enfants, maintenant que je suis aveugle, que Jean et tous mes amis sont morts, il est temps pour moi de partir.
Moi : Je comprends tata, mais tu ne partiras pas avant de m'avoir fait un câlin.

J’eus encore la chance de lui faire un autre câlin avant qu'elle ne rejoigne son Jean à quelques jours de ses 105 ans.

Tonton Jean c'était, pour le gamin que j'étais, un géant qui avait de grosses voitures, des costumes et surtout le papa de ma marraine, celui qui mettait l'ambiance dans les fêtes et repas de famille, avec un accent de titi parisien qui m'a toujours dérouté alors que son frère et sa sœur avaient gardé celui du Berry.
Mais la tendresse avec lui n'était pas au menu. Il en avait manqué dans sa jeunesse. Seule valeur valable à ses yeux : la réussite par le travail et si possible sociale ! (ou au moins en donner l'apparence)
Pour lui j'étais l'intellectuel qui savait tout réparer, donc suffisamment manuel pour sauver l'honneur du travail accompli et surtout directeur de bibliothèque, c'est sur que ça en jetait.
Ils restent tous les deux des personnes à part dans mon cœur.

Domahom's papers N° 10

Suzanne et Maxime. La 2cv. La première voiture de mes grands-parents berrichons, en tout cas la plus ancienne dont je me souvienne, achetée avant ma naissance, sans doute quand ils sont partis travailler en Picardie. Maxime n'ayant jamais pu passer son permis de conduire, à cause d'un accident de  […]

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Domahom's papers N° 09

Je suis grand. Certes, et pourtant je me suis toujours senti petit et insignifiant à côté de cette femme. Tata Jeannette. L'épouse de l'oncle Albert, un des frères de Suzanne, ma grand-mère. Lui : résistant arrêté sur dénonciation et fusillé à Dijon par les allemands. Elle : résistante arrêtée sur  […]

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Domahom's papers N° 08

Les camarades du boulot de Maxime. Ils ont été de toutes les luttes et de tous les combats. Des mouvements sociaux de 1936 aux combats dans la Résistance, de mai 68 aux maladies qui décimèrent leurs rangs. Ces hommes ont toujours garder le contact entre eux jusqu'à ce que mon grand-père s'éteigne,  […]

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Domahom's papers N° 07

L'Aronde. Ce n'était pas que le modèle de notre voiture (je n'ai pas quatre ans sur la photo) que l'on nous a volée pendant les évènements de 1968. Papa avait réussi à trouver de l'essence et on partait (je ne saurai jamais où) avec les valises vers l'endroit où il l'avait garée. En arrivant sur  […]

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