Domahom's papers N° 12

Tata Huguette, la mystérieuse, la discrète...


Tata aussi a toujours été dans mon paysage affectif.
Sa fille, la cousine Michelle, était plus lointaine, physiquement et affectueusement. Nous ne sous sommes croisés qu'à de rares occasions sans avoir grand chose à nous dire, pas par indifférence mais plutôt par timidité et méconnaissance.
Donc tata habitait Bourges et venait souvent chez son frère Maxime à Vierzon, mais seule.
Gamin, je me posais la question du tonton du côté de tata, sans jamais osé la poser parce qu'on n'en parlait pas.
Était-elle veuve ? Divorcée ? Séparée ? Mystère !
Je me posais la question par rapport à ce que je voyais chez mes autres tatas et tontons que je voyais/savais en couple ou non pour diverses raisons.
Sur le tard, questionnant Madeleine, j'appris qu'à propos de tata : "On ne laisse pas une jeune femme d'à peine 17 ans seule à Paris pendant l'occupation !", et plus tard encore, que la cousine Michelle avait le même nom que tata, le même nom de jeune fille.
Bon bah c'était à peu près clair dans ma tête, la cousine était la fille naturelle de tata et de papa il n'était pas question parce que le monsieur avec un accent teuton avait juste déposé ses graines de façon autoritaire[1].
Toujours est-il que tata nous gâtait. Toujours un petit cadeau, toujours une gentille attention, toujours le sourire facile, toujours débordante d'amour, elle fumait, elle faisait de la photo, elle jouait aux fléchettes avec nous, elle voyageait beaucoup pour rejoindre sa fille en outre-mer à cause du métier de son mari (gendarme mobile).
Et son accent berrichon ! Man dieu que je l'adorait cet accent ! Il aurait pu servir d’attelage caravane tellement il était fort et pas uniquement parce qu'elle roulait les "r", une femme vraiment adorable.
Je su bien trop tard qu'elle avait eu deux maris mais que l'un et l'autre souffraient de déshydratation permanente, ce qui conduisit rapidement les deux mariages à deux divorces.
Et des mystères elle en trainait dans son sillage, jamais de conversations ni de confidences personnelles, elle restera pour moi la tata mystérieuse.
A la fin de sa vie, elle avait quitté Bourges pour se rapprocher de sa fille et son gendre à Mont-de-Marsan. Ne pouvant plus rester seule chez elle, Michelle lui avait trouvé une maison de retraite.
Mais le jour de l'emménagement, tata mourut, discrètement.

Note

[1] ce sera l'objet d'un autre billet "les femmes de la famille"

Domahom's papers N° 11

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Domahom's papers N° 10

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