J'ai dit au revoir et j'ai fermé la porte.

Arrivé lundi après-midi, pour ce court séjour, j'ambitionnais de lessiver la chambre, trier le peu de vaisselle qui restait, charger ma voiture de ce que je n'avais pas pu embarquer le mois dernier, déjeuner avec grand frère qui nous rejoignait mardi et ensuite rentrer.
Avec sœurette on s'est employé à faire au mieux, elle avait prévu un diner familial avec ses ados, j'ai vite compris que c'était mieux pour moi, je ne dormirai pas une dernière fois chez Madeleine.
La soirée fut exquise, observant ces gamins vivre et se chamailler, je me souvenais quand sœurette et moi à leur âge on avait une proximité pas encore complice mais remplie du même amour.
Nos discussions furent profondes et bienveillantes, j'apprends tant de ma sœurette que ces moments post douleur me sont devenus infiniment précieux.
Mardi nous reprenions notre vidage de l'appartement avant d'aller au restaurant avec tonton Albert.
Puis l'appartement vide, il était temps de partir.
J'ai vérifier pour la septième fois que l'électricité était bien coupée.
J'ai regarder depuis l'entrée la perspective du séjour.
C'est là que j'ai dit 'au revoir'' et que j'ai fermé la porte.
Je ne vous dirai pas que les larmes commençaient à couler, que cet au revoir était pour nombre de choses, souvenirs, moments, attentes, cet endroit et autres aléas de la vie... je n'aimais pas cet appartement.
De plonger dans l'intimité d'un parent, d'une mère en l'occurrence, c'est une épreuve terrible, surtout quand l'entente avait disparu. Trouver des textes, des morceaux de journal intime, des lettres envoyées ou seulement écrites, des traces qui recollent des bribes, des souvenirs, des conversations entendues il y a si longtemps, tellement longtemps. Des photos, des objets, des restes d'une vie, de plusieurs vies, de bonheur parfois, de douleur souvent, et, reste ces caisses de questions qui resteront sans réponses.
Et sœurette de constater : on ne s'en sort pas trop mal avec ce qu'on a traversé !.
Certes, il aurait été facile de prendre la sortie de secours mais ça ne nous ressemblait pas, on est accros à la vie, follement.
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