365 jours de retraite, bilan...

Il y a un an tout juste, je commençais ma carrière de retraité et de campagnard à quasi temps plein.
J'attaquais la fleur au fusil la destruction du faux plafond du séjour, j'accompagnais tata Germaine dans sa dernière demeure avec les cousines et cousins, Madeleine me témoignait tout son amour maternelle dans un billet de blog qui a failli avoir ma peau, j'ai trébuché et je me suis effondré, dans la foulée elle faisait un AVC (retour de karma direct comme disent les djeunesss), je jouais les ambulanciers (mon premier métier) pour un cousin avec une sciatique l’empêchant de marcher, j'accompagnais notre belle-sœur à la Salpêtrière avant l'entrée au bloc du beau-frère pour son opération de la tumeur au cerveau.
Tout ça rien qu'en octobre.
En novembre, c'était le chantier de remplacement des huisseries et les allers/retours (à 4 Km) chez belle-maman pour les réglages de ses télévisions, Alzheimer très avancé, une visite à Madeleine en gériatrie et les discussions avec grand frère sur l'avenir de notre mère.
Décembre, un rendez-vous avec la dame des oreilles, la fin du chantier des fenêtres et volets, Nohell, jour de l'an, l'amie Jacotte de passage en Bourgogne.
Janvier, chauffeur pour conduire belle-maman à la pédicure, les vœux de la municipalité, belle-maman voit le gériatre qui confirme un Alzheimer avancé, on empile du bois chez elle, grand frère s'occupe du confort et du bien être de Madeleine pendant que je me demande qui est cette femme pour moi.
Févier, la voiture de belle-maman va en révision, je vois ma docteur qui me demande où j'en suis dans ma tête (ce n'est pas brillant du tout), le 6 Madeleine meurt, le 12 c'est la crémation, le 17 les funérailles, le 18 ma grande amie Mag passe quelques jours avec moi (man dieu que ça m'a fait plaisir !), le 23 belle-maman est hospitalisée pour une bronchite, je passe trois jours en Picardie pour installer de nouveaux ordinateurs chez les parents de Mag, je passe une soirée avec Patoche mon pote de primaire, on refait le monde et un point sur nos vies.
Mars, je vois la dame des oreilles, je fais mon premier séjour dans l'appartement de Madeleine pour commencer le tri des papiers, je tombe sur sa correspondance, ses journaux intimes, ses pensées qu'elle n'aurait pas dû écrire, je les partage avec sœurette, on tombe de très haut même si on se doutait que ça ne serait pas très reluisant, le 15 notre liste unique est élue aux municipales, le 23 avec grand frère nous nous retrouvons chez Madeleine pour lancer la succession chez le notaire, grand frère est très affecté, j'avais dans l'idée de rester 2 ou trois jours pour faire du tri mais je m'enfuis, dès qu'il est rentré chez lui, je ne peux pas rester seul chez elle toute une journée avec ce que je découvre, avec ce que j'imagine, avec ce que ma mémoire a déjà en stock, je ne le vis pas bien, je ne vais pas bien.
Avril, c'est un mois chargé en anniversaires, un nouveau déplacement chez Madeleine pour trier et vider avec sœurette, on fait le point sur les histoires et secrets de famille, elle m'en apprend autant que je lui en apprends, je conduis belle-maman chez le dentiste, je remonte à l'appart pour faire esclave chez le beau-frère malade et sa compagne pour les aider aux préparatifs de leur mariage, j'ai 62 ans, je rentre en Bourgogne pour aider aux préparatifs du mariage du cousin Didier et de Josy.
Mai, ça y est il se sont mariés, je vais voir ma docteur, je récupère mon mari à la gare TGV du coin, je pars chez Madeleine retrouver sœurette et on vide, on vide, on vide, et on nettoie, on nettoie, on nettoie, mon mari nous rejoint et grand frère aussi, il vient en Bourgogne à la fin du mois.
Juin, la dame des oreilles répare mes prothèses, il y a un conseil municipal, je retourne chez Madeleine pour lessiver l'appartement du plafond au sol, sans oublier les murs et les portes, la voiture de mon mari part en révision, je vais chercher la voisine d'en face au garage et mon mari collectionne les pannes d'Internet à l'appartement.
Juillet, belle-maman commence ses atelier à domicile avec un aide soignant spécialisé dans les trouble de la mémoire (Alzheimer), mon mari est (enfin) en vacances, nous partons au Portugal pour le mariage d'un neveu, une escale au Pays-Basque à l'aller et un séjour de deux nuitées au retour, passage en Ardèche chez l'Ardéchieuse et son Saint de mari, on rentre dormir chez nous et on repart poiur aller chercher notre jeune compagne beauceronne : Ben, mon vélo nucléaire est livré avec la roue avant voilée, mon mari reprend le travail.
Août, je vois la dame des oreilles, grand frère vient en Bourgogne, mon mari adore les pannes d'Internet à l'appart, je vois la docteur, les amies Mag et Jacotte sont de passage en Bourgogne, Ben fait un rhume du chenil et des cacas mous, elle y retourne pour son rappel de vaccin.
Septembre c'est le vide grenier au village, mon mari accompagne sa mère chez le médecin, le 15 rien ne va plus avec le maire, le 16 je ne suis que questions et douleurs neuropathiques, le 18 je vais voir la docteur, je fais la tournée des conseillers municipaux et du maire pour annoncer ma démission, le 22 j'ai un traitement pour une infection urinaire et ma sciatique qui prend ses aises, le 23 j'envoie ma lettre de démission, on présente Ben au neveu et la nièce ces jeunes mariés fous de chiens, mon mari part pour Strasbourg.
Voilà dans les grandes ligne une première année de retraité.
Les 15 premiers jours étaient parfaits et puis... la vie t'attend au coin d'un événement pour t'offrir de magnifiques parpaings.

Il y a eu des hauts, beaucoup de bas, l'arrivée de Ben à la maison a été salutaire, un bonheur inespéré et des moments magiques à la voir grandir, ici à deux et quatre mois :


La voir fêter mon mari quand il rentre le week-end, les fêtes qu'elle lui fait tous les matins et la voir inconsolable les lundis quand il repart.
Saurai-je remercier mon mari comme il le mérite d'avoir été là, toujours là, quand je chutais, quand la force me manquait ?
J'ai présumé de mes capacités à encaisser par moment, jusqu'à me retrouver à terre, meurtri, cherchant mon souffle pour me relever et puis j'ai enfin écouter mon corps pour la première fois, il a dit stop !, OK, j'arrête, je me recentre sur l'essentiel : mon mari, notre Ben, les proches qui souffrent, les amis et basta.

Pour finir, un grand merci à toutes zé à tous pour vos gentils messages ici et ailleurs, vous êtes formidables, je vous aime.
Toi aussi mon amour, je t'aime.

La guerre des chat(ons) S1E1.

Si votre retraite se passe bien, je vous jalouse un peu, alors profitez-en. Je vous la fais courte. Chats errants non stérilisés, portées de chatons à répétition, administrés un peu agacés que la commune ne fasse rien alors que c'est de sa compétence. Fin août je suis informé de l'histoire qui a  […]

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Des kilomètres à pattes.

Ce matin, vu l'état d'excitation de Ben, je l'ai emmenée faire une balade. D'abord prendre la longe qui provoque chez elle une augmentation de sa fébrilité, essayer de l'attacher à la boucle de son collier sans y laisser deux phalanges et ensuite sortir dans la rue en la contraignant à marcher sur  […]

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