Et paf ! le chien...

Un texto de mon mari, qui me transfert un Whatsapp de mon frère privé de téléphonie, m'annonce le décès de Jean-Claude.
Tu ne l'attendais pas celle-là hein ? Bah tu la prends dans la gueule quand même.
Jean-Claude est parti rejoindre un ailleurs.
Nous l'avions accompagné, lui ainsi que sa femme Nicole, ses enfants Christine et Thierry, la famille, ses proches et les ami(e)s de sa fille cadette Brigitte dont les obsèques nous réunissaient en juillet dernier.

Jean-Claude et Nicole... c'est un lien singulier, fort et authentique, douloureux et dévastateur qui a failli me tuer.
Je n'y survis qu'à force de têtitude, de volonté de comprendre et parce que merde, la vie c'est quand même chouette.
Avec le recul, les nuits blanches, mes explorations de la noirceur de l'âme humaine (y compris la mienne) s'est imposé à moi une sorte d'évidence qui me rassure parce qu'à ma place, suite à un concours de circonstances, ç'aurait du être Nicole.
A l'époque je travaillait chez eux.
Ce soir là, Jean-Claude n"était pas disponible pour un course en taxi.
Nicole est seule avec les enfants, qu'elle voulait ne pas laisser sans surveillance, téléphone chez mes parents où je vis encore pour me demander si ça m'embête de faire cette course.
J'accepte bien évidemment... ou... évidemment j'accepte, c'est selon.
Une heure plus tard ma vie bascule, tout bascule, je découvre la vraie vie, celle qu'on ne voit qu'à la télé, le truc qui n'arrive qu'autres autres dont maintenant tu fais partie.
Je passe de jeune adulte à survivant, sans préparation, improvisation totale, destination l'enfer sans escale et pour longtemps.

Bref.
Une des rares "consolations" de cette expérience, malgré tout ce que je continue de traverser, c'est que si j'avais refusé de lâcher le bouquin que je lisais ce soir là en attendant l'heure du repas familial, c'est Nicole qui aurait vécu ça ou qui mourrait ce soir là.
Non je ne peux pas l'imaginer, ce destin alternatif m'est insupportable et paradoxalement ça me console d'avoir vécu cette histoire.
Le départ de Jean-Claude ravive les braises de cette aventure, ça ne me quitte pas.
C'est violent.
C'est difficile.
Je ne pleure pas sur mon sort, tout ce que j'ai traversé dans ma vie m'a conduit là où je suis, avec celui qui m'accompagne et ça, c'est tellement précieux !
Si c'était à refaire ? Oui, je signerai à nouveau... malgré tout.
Alors ma demande du moment c'est : arrêtez de mourir, juste quelques mois que je récupère un peu.
Merci, bisous, merci.

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