Le piège...

Je le savais.
Je l'ai senti approcher.
Je n'ai rien pu faire.

Eté 1992.
Papa est mourant.
Maman, ravagée, fait face comme elle peut.
Mon frère est dévasté.
C'est un bordel sans nom dans ma tête.
Je ne suis plus rien.

Fin septembre, c'est fini.
Nous préparons les obsèques en Berry pour la Picardie.

Mise en bière.

Je ne quitte pas ce visage des yeux.
Son visage sans âme.
Figé dans la mort, il semble... reposé... la belle affaire.

Je ne quitte pas ce visage des yeux.
Bientôt je ne le verrai plus.

Je ne quitte pas ce visage des yeux.
J'en brûle ma mémoire.

Le premier cercle est présent.
Qui dépose une photo.
Qui pleure en silence.
Qui dit un mot.
Qui... qui...

Des paroles me cueillent au bord du vide.
C'est maman qui me tend le couteau de papa.
"S'il doit revenir à quelqu'un, c'est à toi, il aurait voulu que tu l'aies et puis tu as toujours un couteau sur toi."

Je le prends mais...
Je ne peux pas.
Je ne veux pas.
C'est juste impossible.

Je détourne le regard,
rends le couteau à maman et mumure :

"Qu'on le mette dans le cercueil, près de lui."

Au gré des déménagements, j'ai récupéré quelques objets de papa et... 26 ans ont passé.
Mon frère quittant la Picardie pour le Centre, je récupère encore quelques affaires : l'arsenal de papa.

Il n'a pas de valeur particulière, peut-être quelques souvenirs de chasses, des anniversaires quand on lui offrait ces armes.
Papa était chasseur.
Mais aussi garde de chasse.
Enfin... et surtout braconnier.

Dernier séjour chez mon frère.
Je dois récupérer une vieille boîte en fer au grenier qui contient quelques pièces d'armurerie.
J'y vais, je trouve la boîte, il y a bien ce qui manquait pour remettre une partie de l'arsenal en état.
Je dégage un peu le dessus du fatras qu'elle contient et...

Mélangé aux munitions, le manche dépasse un peu.
Le couteau de papa.
Je suis cueilli à froid, je n'aime pas ça.

Le surlendemain nous sommes en Bourgogne.
J'inspecte dans le détail le contenu de la boîte.
Les souvenirs affluent.
La mémoire menace.
J'ai l'orgueil de croire que je serai le plus fort.
Je raconte à mon amour ce souvenir, puis celui-là, ou encore un autre.
Je lutte et concède une larme ou deux.

Dans mes mains, il est mal en point, la rouille a fait son oeuvre sur les parties métalliques, tandis que la corne du manche s'est fendue.
Il faudra que je vois s'il est possible de le sauver.
J'évalue ce que je peux faire pour restaurer la lame.
La corne devrait s'en sortir.
La rouille n'est pas invincible.
Ouf ! La digue semble assez solide.

Nous partons chez belle maman, à quatre kilomètres de là.

Mais brusquement, sortir la voiture de la cour devient une épreuve.
J'ai baissé ma garde.
L'engager dans la ligne droite... un supplice.
Un genou à terre, je lutte encore.
Au bout de la ligne droite... je m'effondre.

La mémoire, ce piège infernal, a eu ma peau, elle me terrasse, me submerge de souvenirs.
Je pleure.
Je crie.
Elle me ramène à ce moment que je revis : ce cercueil, ce visage sans âme, ces bruits, ces odeurs, ces couleurs (oui et je t'emmerde), ces mots, ces larmes, ces pleurs, son couteau, mes mots, ma peine, ma détresse...

Le passé m'a vaincu et à cause, parce que ou grâce à ce saut dans le passé, j'ai enfin accepté que ce couteau me revienne.

couteau.jpg
le couteau de papa

Je me suis appliqué pour lui redonner fière allure.
La rouille est partie.
La corne brille.
La lame est digne d'un rasoir.
J'ignore ce que j'en ferai.
Mais en prendre soin devrait m'occuper un bon moment.

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